Théophile-Alexandre Steinlen
Théophile-Alexandre Steinlen, né à Lausanne en 1859, mort à Paris en 1923, était un peintre, dessinateur et lithographe français d'origine suisse. Il vint à Paris en 1878, se consacrant de prime abord, pour vivre, au dessin industriel.
Relations
Logeant depuis 1883 sur la butte Montmartre, il y fit rapidement connaissance avec tout le petit monde artistique qui y gravitait. Il entra en relation avec Frédéric Willette, avec lequel il fréquenta à partir de 1884, le cabaret tenu par Rodolphe Salis, le Chat noir, devenant notamment l'ami d'Henri de Toulouse-Lautrec. Il y connut naturellement Aristide Bruant.
Expositions
Il exposa initialement au Salon des Indépendants (1893), puis régulièrement, à celui des Humoristes. De nos jours plusieurs expositions de son œuvres ont eu lieu à Berlin, Montreuil, Turin, etc.
Choix des sujets
Adversaire de l’injustice, compatissant envers les déshérités, qui alors ne manquaient pas à Montmartre, il décrivit des scènes de la rue, des usines, de la mine, mettant en scène les malheureux de toute espèce, mendiants, ouvriers dans la misère, gamins dépenaillés et prostituées. Mais ces personnages semblent plus souvent écrasés par leur triste condition que révoltés. Par ailleurs il fut aussi le spécialiste des chats qu’il décrivit sans se lasser, dans toute leur fantaisie, joueurs, endormis ou en colère. Comme tous les autres artistes picturaux, il ne dédaigna pas non plus la représentation des femmes nues.
Modes d’expression
Les dessins et pastel furent son moyen d’expression préféré, comme ceux qui reflètent la vie quotidienne de la rue et ses petits métiers. Le réalisme de ses dessins semble avoir inspiré certaines œuvres ultérieures de Jean Peské La peinture aussi, encore que dans une moindre mesure. Il faut y ajouter ses gravures, reprenant les mêmes thèmes que ses dessins, mais en multipliant l’impact, comme ceux par lesquelles il illustra en 1914-18, les malheurs de la Belgique et de la Serbie. Mais ce sont surtout ses affiches qui, comme celle de la tournée du Chat noir, sont à l’origine de sa popularité, ainsi que la sculpture, qu’il utilisa pour la représentation de ses chats, comme son « Chat angora assis ».
Quelques œuvres marquantes
Parmi ses œuvres les plus connues (affiches, eaux-fortes, peintures, etc.) :
Peintures :
Chat sur un coussin
Couple d’amoureux
La détente
La belle rousse
L'assiette au beurre
Dessins et pastels :
L’omnibus
Retraité allumant sa pipe
Anatole France
Jeune femme au buste découvert
Les bouquetières
Le violoniste
Personnages au turban bleu
Études de femmes debout
Lithographies :
Les deux chats
Chat noir, lithographie en couleurs (1896)
Clinique Chéron, lithographie en couleurs et affiche (1905)
Affiches :
Aristide Bruant
Yvette Guilbert
Compagnie Française des Chocolats et des Thés
On peut signaler également :
Le 14-Juillet
L'Absinthe
Le Beau Soir
Dans la pluie et le vent
Illustrations d'ouvrages
Il collabora au journal le Chat noir, comme illustrateur, par des dessins sans indulgence, par lesquels il décrivit la misère et les injustices, mais aussi des nus d’une extrême sensualité. Par la suite, il collabora à divers journaux humoristiques, comme Gil Bas illustré, Les Humoristes qu’il fonda en 1911 avec Forain et Léandre, l'Assiette au Beurre et Le Rire.
Il a illustré plusieurs œuvres de divers écrivains :
Dans la rue, recueil de chansons d'Aristide Bruant,
Les Chansons de femmes, de Paul Delmet,
Les Gaietés bourgeoises, de Jules Moinaux (père de Georges Courteline),
Les Soliloques du pauvre, de Jehan-Rictus,
Barabbas, de Lucien Descaves,
Les femmes d'amis de Georges Courteline.
Le musée Alphonse-Georges Poulain, à Vernon (27200), possède un remarquable ensemble d'œuvres de Steinlen (peintures, fusains, dessins à la plume, etc.) Elles proviennent de la donation faite vers 1960 par la veuve du collectionneur belge Yvan Lamberty, ami de Steinlen, comme de Jehan Rictus, de Francisque Poulbot, et d'autres artistes et écrivains.